Il était une fois un vieux monsieur
très pauvre qui n'avait pas de maison. Ses chaussures étaient
pleines de trous et il pouvait passer son doigt à travers son chapeau.
Toute la journée, il marchait sur les routes et traversait les villages.
Les gens disaient de lui qu'il était un vagabond. Mais son
véritable nom, c'était Joseph.
Un jour qu'il s'en allait ainsi le long d'un chemin, il entendit un petit cri
et vit quelque chose rouler dans le fossé. Une voiture venait de
renverser un animal, mais personne ne s'était arrêté.
Joseph se pencha au-dessus des herbes, là où la petite bête
avait disparu. Bientôt, il la trouva. C'était une belette et il
semblait bien que sa patte avait été cassée.
- "N'aies pas peur, ma belle, je vais te sortir de là
"
dit Joseph en la prenant doucement dans ses bras.
La petite belette tremblait de peur, mais très vite, blottie contre
Joseph, elle s'endormit.

Le vieil homme habitait une pauvre cabane de
bois, près de la forêt. Il ne possédait pas grand chose,
mais jour après jour, il prit soin de l'animal qu'il avait
trouvé. Il le soigna tendrement, lui prépara à manger sur
un feu de bois et le réchauffa tant bien que mal. Petit à petit,
la belette reprenait des forces et, tout en boitant encore un peu, elle
réussit bientôt à refaire quelques pas. Parfois, elle se
disait que Joseph aurait aussi bien pu la manger, lui qui avait toujours le
ventre creux. Mais le vagabond, lui, n'y avait jamais pensé.
Un beau matin, alors que les fleurs du
printemps montraient leurs premiers pétales, la belette se trouva
complètement guérie.
- "Je crois que tu vas pouvoir retrouver ta liberté, ma jolie, lui
dit Joseph en lui caressant le bout du nez. Tu peux à nouveau courir et
sauter aussi bien qu'autrefois, mais si tu veux un bon conseil, évite de
t'approcher trop des routes où il y a des voitures. Je ne serai pas
toujours là pour te ramasser s'il t'arrivait un autre
accident
"
La belette, en guise d'au revoir, lui
lécha la main. Puis, Joseph la déposa devant la porte de sa
cabane. Et soudain, sous les yeux tout ronds du brave homme, le petit animal se
transforma en une fée à peine plus grande.
- "Saperlipopette ! s'exclama Joseph qui n'en croyait pas ses yeux. Je
n'ai pourtant pas bu aujourd'hui. Qu'est-ce que cela veut dire ?"
La fée le regardait en riant.
- "Mais non, tu n'as pas bu, dit-elle, et je ne suis pas un rêve. Je
suis la fée des terriers et tu m'as sauvé la vie. Tu t'es
montré très gentil avec moi, comme peu d'hommes savent
l'être avec les bêtes sauvages. Pour te remercier, je vais te faire
un cadeau que tu devras garder précieusement avec toi."
Et, devant Joseph qui se grattait la tête, elle sortit de sa poche un sac
bien dodu qu'elle lui tendit. A l'intérieur, il était rempli de
petits pois.
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