 Encouragée par sa rencontre avec le Dr Leboyer (auteur de l’ouvrage "Le bébé est une personne"), Marie-Louise Aucher, cantatrice et professeur de chant, propose à des femmes enceintes de venir chanter, une fois par semaine. Ainsi est né le chant prénatal... il y a déjà plus de trente ans.
Objectif bien-être
Le chant prénatal doit être envisagé comme un complément à la préparation classique qui reste primordiale pour bien connaître le déroulement de l’accouchement, explique Marie-Anne Sévin, présidente de l’Association Française de Chant Prénatal. C’est une « préparation à l’accueil à la vie », pour reprendre son expression.
Les séances comportent des techniques d’éveil corporel, des vocalises, l’apprentissage d’un répertoire de chansons, un travail sur les sons graves. Le rôle du papa est également abordé, tout comme l’après accouchement, avec les techniques de portage et de bercement.
La vocation du chant prénatal n’est pas d’apprendre à chanter, mais de se faire du bien, tout simplement… et dans la bonne humeur ! Enceinte ou non, chanter permet de libérer les tensions et les émotions, tout en apportant énergie. Même s’il se limite à de simples vocalises, le chant permet au corps de lâcher prise, notamment au niveau de la ceinture abdominale. C’est particulièrement le cas des sons graves, lesquels agissent sur le bas du corps et ont un effet relaxant, à l’inverse des sons aigus qui se concentrent sur le haut du corps et ont davantage un effet dynamisant, explique Marie-Anne Sévin.
Le chant, une question de souffle et de posture
Le chant amène naturellement à un meilleur contrôle du souffle. Avec bébé qui grandit de jour en jour, la respiration abdominale devient de plus en plus difficile. Or en chantant, on fait davantage appel à une respiration de type costal - une respiration large, ouverte vers les côtes - qui permet d’atténuer ce sentiment d’oppression pouvant grandir en même temps que le bébé. " Le chant contribue aussi à un meilleur ancrage dans le sol, et donc un meilleur soutien périnéal ", précise Marie-Anne Sévin.
Communiquer avec bébé
Si l’oreille du fœtus n’atteint sa maturité qu’aux environs du 5ème mois, le bébé peut percevoir bien avant les sons à travers la peau, grâce aux vibrations du liquide amniotique. Le bébé est particulièrement sensible aux sons graves... des futurs pères.
Les sons de l’accouchement
Les séances de chant prénatal comportent un volet plus spécifiquement consacré à la naissance. Durant l’accouchement, la future maman peut utiliser des sons spécifiques, graves, afin de se détendre. Ces sons sont un bon moyen de matérialiser la concentration sur les contractions. Les vocalises plus puissantes sont quant à elles réservées à la poussée. Le bébé enfin né, il pourra être accueilli par une « chanson de bienvenue ».
Le chant prénatal est généralement bien accueilli, dans la limite où il ne gêne pas le protocole médical, rassure Marie-Anne Sévin. Certaines sages-femmes y sont d’ailleurs formées.
Quand et où pratiquer le chant prénatal ?
Les séances de chant prénatal sont animées par des sages-femmes formées au chant prénatal, des artistes enseignantes, des musiciennes. Elles peuvent débuter dès le 4ème mois, et se poursuivre après l’accouchement, avec bébé, jusqu’à ses 3 mois.
Julie Martory
Mars 2008
Pour en savoir plus
Association Française de Chant prénatal
Site de Marie-Anne Sevin, présidente de l'Association Française de Chant prénatal.
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