Noël au Liban

MILAD MAJID WA AAM SAID ! (Joyeux Noël et bonne année)

Noël est si important au Liban que même nos compatriotes musulmans décorent leurs maisons et leurs sapins.

Le Noël de mon enfance est different de celui d'aujourd'hui (pourtant je n'ai 26 ans). Les priorites ont changé. La fête est beaucoup trop commercialisée de nos jours ce qui fait perdre la spiritualité de jadis. Pourtant j'adore la période novembre-décembre au Liban.
J'essaie de faire connaître à mon fils, le vrai sens des Pères Noël qui se trouvent à chaque coin de rue, le sens de chaque arbre décoré, de chaque bâtiment ruisselant de lumière, comme l'ont fait mes parents avant moi. Je lui apprends à partager ce qu'il a, même s'il n'a pas beaucoup, avec ceux (et surtout les enfants) qui sont pauvres ou qui n'ont pas la chance d'avoir des parents comme lui.

Malgré le marketing qui entoure dorénavant cette fête, la plupart des libanais pense encore aux autres. On visite les plus vieux le jour de Noël et on apporte des cadeaux aux nécessiteux.

Les fêtes commencent dès novembre :
Les expositions "Spécial Noël" nous accompagnent jusqu'à la fin de l'année, les vitrines sont rouges et dorées, les rues brillent de mille feux, les paroisses se rivalisent entre elles pour voir qui utilise au mieux les crèches (afin tracer, avec des personnages sculptés grandeur nature, la vie de Jésus Christ, le résultat donne... des scènes à couper le souffle.

L'enthousiame nous habite tous à l'approche du jour J.
Les enfants attendent avec impatience les cadeaux qu'ils ont commandés au Père Noël, il y a ceux qui sont impatients d'avoir Barbie ou bien une de ses amies un peu moins chère (les filles), et ceux qui rêvent de recevoir un ordinateur (le dernier chouchou des petits), ou au moins des matchbox, ou tout autre genre de voitures, avions et trains (les garcons).
Oubliés les fusils, revolvers et autres genres d'armes que la plupart des libanais offraient à leurs enfants pendant la guerre (circonstance oblige), retour à la culture !

La veille de Noël toutes mes soeurs (nous sommes 5), leurs enfants, se réunissent chez mes parents (mon mari et moi sommes d'accord depuis que nous nous connaissons - 10 ans - de passer la veille de Noël chez mes parents, et le jour de fête chez les siens, et ça marche !)
Tout le monde met la main à la pâte. On prépare les dindes et le "Moghli" (genre de dessert que les libanais font pour exprimer leur joie à la naissance du Christ).
Le sapin est là dans le coin depuis la Sainte Barbe (4 décembre), on n'a qu'à déposer les cadeaux qu'on ouvrira le matin de Noël.

Après le dîner, toute la famille se dirige vers l'église pour la Messe de Minuit.
Il y a une tradition au Liban, et que je pratique toujours avec mon mari :
Pour signifier aux grands de la famille (Grands-parents, oncles, tantes) le respect et l'amour qu'on leur porte, on les visite le jour de Noël avec des cadeaux et des friandises , et à leur tour, ils viennent chez nous au Nouvel An pour nous remercier de notre attention et apporter des cadeaux avec eux.
Le côté social est primordial au Liban. Celui-ci est accentué pendant la période des fêtes ou les familles sont plus proches que jamais.

Marlene,
maman de Joe (21 mois à Noël).

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