Noël aux Etats-Unis

Merry Christmas !

Mon premier Noël à Boston, après 2 mois aux Etats-Unis, a été l'occasion pour moi de découvrir l'univers politiquement correct dans lequel j'allais désormais habiter. Le 25 décembre approchait et au travail comme dans mon quartier (Brooklyn), je ne voyais pas beaucoup de décorations, cartes, crèches, sapins de Noël et autres éléments indissociables pour moi de la période des fêtes.
Certes, les ordinateurs connectés au réseau de l'hôpital (où je travaille) affichaient en rigoureuse alternance un petit sapin de Noël et une menorah, les vitrines des magasins avaient un air festif, il y avait 50 cm de neige dans les rues et de nombreux bonhommes de neige, mais personne ne parlait de "Noël".
J'ai bien vite compris qu'il fallait parler des "Fêtes", sous peine d'être dévisagée d'un air choqué. Plus tard, j'ai réalisé qu'il s'agissait là d'un phénomène bostonien, voire brooklynien, car des amis du Midwest avaient dû ajuster leur vocabulaire tout comme moi.

L'année suivante, j'ai compris que l'expression "fêtes de fin d'années" ne concernait pas que Noël et Hannuka (la fête de Kwanza, qui commence le 26 décembre et dure 7 jours, et qui a été établie en 1966 pour célébrer et promouvoir des valeurs positives pour la communauté noire) et chaque année, il y a un peu plus de publicité autour de cette fête.

Noël est pour mon mari et moi l'occasion de faire plusieurs promenades rituelles : la première, à pied, nous conduit dans un des plus vieux et des plus pittoresques quartiers de Boston, Beacon Hill, parfumé de l'odeur des feux de bois pendant tout l'hiver.
Les maisons ont un air très britannique, avec des couronnes de sapin, de pommes de pin et des gros rubans rouges aux portes d'entrée.
Les voisins rivalisent pour la décoration des rebords de fenêtres, pour le bonheur des "touristes" comme nous.
Nous abandonnons ensuite les décorations distinguées de Beaton Hill pour un tour en voiture qui nous conduit à Cambridge et Sommerville où les voisins rivalisent avec autant d'âpreté mais dans un autre style : des kilomètres de guirlandes de lumières multicolores décorent l'extérieur des maisons, des statues en plastiques aux couleurs d'un goût souvent douteux sont disposées sur la pelouse. L'année dernière, nous avons ainsi découvert une crèche grandeur nature dans le plus pur style Saint-Sulpice, avec Marie, Joseph, le bœuf, l'âne, des bergers et leurs moutons et bien sur le petit Jésus, sans oublier le Père Noël, ses rennes et son traîneau.

Parmi les traditions typiquement américaines, voici mes préférées : des groupes d'enfants et d'adultes se promènent dans les rues et chantent des cantiques de Noël pour les passants. Certains sont déguisés et habillés à la mode victorienne. Quand on est invité à une grande fête, les hôtes organisent souvent un "Yankee Swap" : chacun amène un cadeau d'une valeur déterminée (5 dollars par exemple) et tous les cadeaux sont réunis au pied du sapin. Chacun tire un numéro et le détenteur du numéro 1 choisit un premier paquet. Le numéro deux peut soit choisir un nouveau cadeau et le garder soit imposer un échange au numéro 1 et ainsi de suite jusqu'au dernier numéro.

Tous les ans, la Poste a embauché des travailleurs supplémentaires pour répondre à toutes les lettres à destination du Pôle Nord adressées au Père Noël…

Je vais terminer avec une histoire de galette des Rois qui ne pouvait se passer qu'ici.
Une année où j'avais particulièrement le mal du pays, j'ai décidé de faire une fête pour tirer les Rois. Il y avait à l'époque près de chez moi une pâtisserie française où j'ai eu la chance de pouvoir commander une vraie galette (cette tradition n'existe pas ici). Chacun reçoit sa part, les couronnes fournies par la boulangerie attendent au milieu de la table que le Roi et la Reine soient désignés.
Elles ont attendu longtemps car il n'y avait pas de fève ! Seulement 3 petits raisins secs noyés dans la frangipane, dont on a réalisé a posteriori qu'ils représentaient la fève.
Renseignements pris auprès du pâtissier, quelqu'un aurait pu s'étouffer ou se casser une dent avec une fève en plastique ou en porcelaine et lui intenter un procès…

Merry Christmas !

Sandrine L.,
maman de Shahrazade (8 mois à Noël).

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