L'enfant de 2 ans à 4
ans : le Hercule du langage.
Entre
un an et demi, période de la phrase à deux mots, et quatre ans,
c'est la phase la plus rapide de l'évolution du langage : la
latéralisation. Tous les membres de la famille jouent un rôle dans
l'acquisition du langage chez l'enfant, toutefois, celui de la mère est
prépondérant. De 24 à 36 mois, votre petit bonhomme
apprend 1 mot par heure ! Imaginez !
Les questions
C'est l'époque bénie des "Dis,
pourquoi maman ?", "c'est quoi ça?", "comment
ça s'appelle ?"
Les questions se font de plus en plus
fréquentes. Les questions en "Où" qui lui permettent
entre autre de reconnaître la localisation des choses et des personnes
sont les plus vite maîtrisées (très présentes dans
les jeux du style coucou me voilà), celles en "Quand" viennent
beaucoup plus tard ; l'enfant n'en a pas tant besoin. Les questions en
"Quoi" sont difficiles en français ; toutefois, elles sont
utiles et souvent utilisées et l'enfant va donc les apprendre
très vite ne serait-ce que pour assouvir sa curiosité.
Le développement du vocabulaire s'accomplit
également au niveau métalinguistique. On entend
déjà quelques enfants de deux, trois ans demander " Pourquoi
une girafe, ça s'appelle girafe ? " " pourquoi tu t'appelles
Laurent ? ", etc.

Le poids des mots
L'enfant constate aussi dès deux ans et quelques
mois qu'il y a des mots d'enfants et des mots d'adultes. Il n'accepte alors
plus l'emploi du mot enfant par l'adulte. Par contre, ils vous ravissent par
leur "parler bébé" dû à la simplification
des sons qu'il n'arrive pas à produire correctement. (ex:
"chien" qu'il prononce "sien"). Attention, ce n'est pas
parce qu'ils ne savent pas prononcer correctement qu'ils ne font pas la
différence auditive. Un enfant se mettra d'ailleurs en colère si
vous lui retournez sa prononciation déformée en affirmant que ce
n'est pas ce qu'il a dit !
D'autre part, l'enfant découvre le monde des
gros mots, son attrait et sa valeur. Le premier thème important commun
à toutes les classes sociales dans le langage des enfants est celui du
caca boudin. Lorsque commence l'éducation de l'enfant à la
propreté (acquisition du pot) et au sentiment de honte (on ne montre pas
ses fesses), ce thème est alors plus ou moins banni ou rendu tabou dans
le langage des adultes ; l'enfant utilise donc ce vocabulaire (pipi, caca,
fesses, cul, zizi,...), et brise avec plaisir les tabous et l'interdit
posés par les adultes. Ces gros mots sont le symbole de leur
identité propre. Ce qui explique leur utilisation courante et le plaisir
de leur emploi entre enfants du même âge. Ils jouent en outre un
rôle socialisant en particulier à l'école. Par ailleurs,
les gros mots offrent un champ poétique privilégié du fait
de leur structure phonologique basée sur la répétition
consonne / voyelle. Ils ouvrent la créativité enfantine, et de
nombreuses comptines et chansons sont remaniées à l'aide de
ceux-ci. Les enfants inventent aussi des suites de vers sans grand sens mais
qui leur permettent de jongler avec les mots et les gros mots.
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Au clair de la lune
J'ai pété dans l'eau.
Ça faisait des bulles
C'était rigolo.
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Interactions parents -
enfant
A partir de 18 mois,
vous entendrez de plus en plus souvent des combinaisons de mots, presque des
phrases. Votre chérubin mémorise un nombre d'informations chaque
jour plus important. Le problème qui se pose maintenant est celui de
l'ordre des mots ! Chacun de ses énoncés est une hypothèse
sur la grammaire ou la syntaxe de notre langue. Encouragez-le donc dans ses
tentatives, reprenez ses phrases en les enrichissant. Plus l'enfant se sentira
à l'aise et dynamisé par les approbations de papa, maman, plus il
essayera.
De plus, vos propres prises de parole constituent des
modèles de référence sur lesquels il base la construction
de ses productions. Vous remarquerez d'ailleurs combien il est courant
d'entendre l'enfant parler de lui à la deuxième ou
troisième personne du singulier. Les parents disant "tu"
à l'enfant qui comprend que c'est de lui qu'on parle, il associe donc le
"tu" à "je". De même en ce qui concerne
"il" qu'il associe à "je" / "moi" puisque
les parents utilisent ce pronom pour parler de l'enfant entre eux, ou pour lui
parler (comment va mon bébé aujourd'hui ? Il a bien dormi ?).
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