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Accueil>Santé>L'enfant et la douleur>Comment gérer les soins potentiellement douloureux ?  

Comment gérer les soins potentiellement douloureux ?

De grands progrès ont été faits dans l'approche des soins douloureux tels les injections, les sutures, les changements de pansements, les ponctions diverses ou sondages, etc. mais il persiste une très grande inadéquation sur la mise en place des moyens à notre disposition entre les divers établissements hospitaliers, les diverses équipes médicales et praticiens.
Pourquoi ? Probablement en fonction du manque de formation des uns et des autres et de leur sensibilisation au problème.

Il en effet nécessaire de gérer au mieux les douleurs provoquées afin de les minimiser, ce qui est maintenant à la portée de n'importe quel service d'urgences s'il s'en donne les moyens. Ainsi on évitera la phobie bien connue des "blouses blanches" ou des "piqûres" si répandue jusqu'à nos jours parmi les bambins (mais également parmi un nombre non négligeable d'adultes).

Tout d'abord dans un contexte d'urgence il faut savoir accueillir l'enfant et sa famille, l'informer au mieux tout en connaissant les difficultés chez l'enfant de moins de 3 à 4 ans.
La présence des parents peut être nécessaire, voire même indispensable pour réduire l'anxiété et cela à tout âge et d'autant que l'enfant est plus jeune. Une médiation par une poupée ou une peluche appartenant ou non à l'enfant peuvent aider l'enfant à mieux comprendre la situation et à participer plus activement.

La crème Emla (crème anesthésique) devrait être largement employée avant les ponctions veineuse ou lombaire, de moelle, la petite chirurgie, la dermatologie, la libération d'adhérences préputiales, voire certaines vaccinations.

Lorsque le geste risque d'être douloureux au delà d'un niveau tolérable il est possible d'utiliser dans ce contexte un mélange équimolaire d'oxygène et de protoxyde d'azote (MEOPA), dans la mesure où l'équipe soignante a été formée à cette pratique. Celui-ci est administré par l'intermédaire d'un petit masque (de préférence parfumé) placé sur le nez seul pour une extraction dentaire, une suture d'une plaie des lèvres ou de la langue par exemple, ou sur le nez et la bouche dans d'autres cas.

Ce mélange gazeux a pour effets :
- Une analgésie de surface qui rend la plupart des effractions cutanées peu ou pas douloureuses. Il existe une dissociation entre la sensation et sa composante désagréable.
- Une anxiolyse associée à une euphorie sont observées après 2 à 3 minutes d'inhalation. L'enfant est calme, détendu, détaché avec parfois des accès de rire (cette hilarité peut d'ailleurs être facilement stimulée et provoquée par des histoires drôles).
- L'amnésie est souvent rapportée mais d'intensité variable.
- Une sédation consciente se retrouve chez la plupart des enfants (l'état de conscience est modifié mais le sujet reste vigile, capable de réagir avec l'environnement et de dialoguer avec l'infirmière).

Ces méthodes de prise en charge des situations risquant d'être difficilement supportables pour des enfants (mais même des adolescents ou des adultes) représentent un immense progrès et les services médico-chirurgicaux qui utilisent ces moyens peuvent en apprécier l'impact bénéfique sur les enfants et sur les familles et sur leur propre confort de travail.

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