Comment lutter contre la
douleur ?
Il existe tout d'abord des moyens
médicamenteux classés en trois niveaux par l'Organisation
Mondiale de la Santé (OMS), suivant l'intensité de la douleur
:
Le niveau
I correspond aux médicaments prescrits habituellement devant
un syndrome fébrile : Paracétamol, Aspirine, Ibuprofène et
certains autres médicaments ayant une activité
anti-inflammatoire. Ils sont à donner devant une douleur
légère à modérée.
Le niveau II
(A) correspond à des médicaments opioïdes faibles
(dérivés semi-synthétiques de la morphine) à donner
en cas d'échec des antalgiques de niveau I ou d'emblée
devant des douleurs de moyennes à sévères. Les
produits de ce palier ne pouvaient pas être prescrits aux enfants de
moins de 15 ans jusqu'à récemment et obligeaient les
médecins à transgresser les autorisations de mise sur le
marché (AMM) et à déconditionner des produits adultes pour
les adapter aux posologies infantiles.
Cette situation qui entravait la prise en charge de petits patients
présentant des douleurs durables ou chroniques, n'a pas facilité,
entre autres, la tâche des médecins de ville. D'autres pays,
notamment les pays anglo-saxons, utilisaient sans problèmes ces
médicaments (Dextropropoxiphène, Codéine) depuis un
certain temps déjà.
Récemment un soluté de Codéine (suspension buvable
Codenfan) a été mis sur le marché pour l'enfant à
partir de 12 mois et a comblé ce fossé permettant ainsi
l'association aux médicaments du palier I pour renforcer l'action
antalgique. De même une association Paracetamol + Codéine a
reçu l'AMM à partir de 3 ans.
Tous ces produits du niveau II ( A) sont bien entendus
délivrés uniquement sur prescription
médicale.
Il peuvent être associés à des médicaments de niveau
I pour renforcer l'action analgésique.
Des médicaments opioïdes forts
partiels dont la puissance de situent entre les médicaments du
niveau II et la Morphine et faisant partie du niveau II (B) de l'OMS peuvent
être intéressants pour obtenir un effet antalgique rapide et de
courte durée.
Le niveau III
correspond aux divers produits opioïdes forts prescrits devant
une douleur intense ou en cas d'échec des antalgiques de
niveau II. Le chef de file de ces médicaments est la morphine, dont
il existe de nombreux dérivés synthétiques dont certains
sont réservés à l'anesthésie. Ces
médicaments étaient prescrits jusque là sur carnet
à souches spécifiques et depuis peu sur des ordonnances
sécurisées.
Il est donc possible actuellement d'agir
sur la plupart des processus algiques en adaptant les médicaments
aux diverses situations, en ville (otites, angines, syndromes
migraineux, gingivo-stomatites, douleurs dentaires, douleurs abdominales,
pathologies chroniques ou traumatiques, brûlures, séquelles
cancers, sida, etc.) tout comme en milieu hospitalier
(postopératoires, maladies chroniques, tumorales, hématologiques,
traumatologique, etc.).
En cas de douleurs neuropathiques,
dites douleurs de désafférentation, d'autres médicaments
comme les anticonvulsivants ou les antidépresseurs peuvent être
prescrits suivant les caractéristiques des douleurs du fait d'une
similitude d'action sur certains neurotransmetteurs. Le praticien peut y
associer des produits des niveaux précédents pour en renforcer
l'action antalgique.
Il existe des moyens non
médicamenteux qui peuvent être associés aux
thérapeutiques précédentes ou les relayer telles la
masso-kinésithérapie antalgique, la neurostimulation
transcutanée, les diverses méthodes de relaxation,
l'accompagnement psychologique, etc.
Et il faut toujours penser par ailleurs
à faire attention à la position de l'enfant lorsqu'il est
immobilisé, à respecter son sommeil et son repos en
regroupant les soins et les examens. Il ne faut pas oublier les câlins
et les caresses qui ont un intérêt relationnel certain,
à ne pas négliger.
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