Faut-il soulager la
douleur de l'enfant ?
Même si un monde sans douleur
paraît utopique et l'actualité est là tous les jours,
hélas, pour nous le rappeler, nous nous devons, alors que nous en avons
les moyens d'atténuer des douleurs suffisamment importantes pour rompre
le bien être de l'enfant et la qualité de sa relation avec
l'environnement.
D'autre part, on sait maintenant qu'une douleur trop forte et/ou
prolongée peut avoir des effets nuisibles sur l'organisme et induire des
aggravations par effet de stress. Il faut également tenir compte de la
lenteur de récupération liée à l'insomnie et/ou
l'anorexie consécutive au phénomène algique.
Actuellement il est quasiment
démontré qu'il existe une mémoire de la douleur
dès le plus jeune âge, dès les premiers instants de
vie. Une réaction douloureuse exacerbée par exemple à une
vaccination ou à un soin ultérieur peut être la
conséquence d'une stimulation nociceptive provoquée
précocement dès les premiers jours de vie( circoncision par
exemple).
Nous savons aussi que certaines douleurs durables
peuvent conduire l'enfant, comme nous l'avons décrit
précédemment, à une position de retrait, comme si l'enfant
n'attendait plus rien de l'entourage et s'abandonnait à sa souffrance,
dans ce qu'on appelle l'atonie psychomotrice. Dans ce cas l'enfant
n'ennuie plus personne à tel point il paraît calme, mais il est en
grand danger si on n'intervient pas rapidement en débusquant et en
prenant en charge le phénomène algique.
Celui-ci peut jouer le rôle d'un véritable corps
étranger psychique provoquant de graves perturbations entre l'enfant
et ses parents, au risque de lui faire perdre confiance en l'adulte dont
il est totalement dépendant.
Une certaine forme de violence
institutionnelle (passive ou active) est restée vivace suffisamment
longtemps et subsiste encore çà et là, sous le couvert
d'ignorance, de passivité et de mauvaise foi, mettant en avant
l'insensibilité des bébés ou les dangers des
médications antalgiques, pour que dans une époque
d'avancées des connaissances médicales et de réflexion
nous soyons enfin à la hauteur d'un principe humanitaire fondamental qui
nous impose de lutter pour alléger la détresse et la
souffrance.
Nous sommes de plus en plus informés de ce qu'est le problème de
la maltraitance par les médias qui nous rapportent les cas d'enfants
martyrs pour lesquels la douleur psychique et/ou physique est, ou a
été, le pain quotidien.
Alors restons vigilants à toutes les
formes de douleurs, quand bien même elles seraient sous tendues par le
prétexte de soigner et de guérir.
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