Pourquoi la douleur
est-elle un phénomène si complexe ?
Parce qu'il s'agit d'un
phénomène pluridimensionnel du fait de ses différentes
composantes :
- sensorielle et
discriminative, aboutissant au décodage de la douleur, sur le
plan qualitatif (torsion, étau, brûlure), sur le plan de
l'intensité, de la durée et de l'évolution (crise
paroxystique ou bruit de fond permanent), sur le plan de la localisation du
message nociceptif.
- affective et
émotionnelle, conférant à la douleur sa
tonalité désagréable, pénible voire insupportable
et pouvant se prolonger vers des états émotionnels plus
difficiles telles que l'anxiété ou la dépression. Cette
composante est particulièrement au premier plan chez l'enfant du
fait de l'incompréhension par rapport à ce qui lui arrive et de
sa grande dépendance par rapport à ses parents et aux autres
adultes (soignants par exemple).
- cognitive, qui correspond à l'ensemble des
processus mentaux capables d'influencer la perception de la douleur et des
comportements qu'elle induit. Elle permet d'en comprendre la cause ou les
mécanismes, de savoir communiquer les informations nécessaires
à l'entourage et au médecin pour obtenir un soulagement, de
comparer l'épisode actuel à des situations vécues
antérieurement, de pouvoir anticiper un éventuel soulagement,
etc. Elle demande une certaine maturation intellectuelle et psychologique,
dépend fondamentalement de l'âge et des acquis de l'enfant
et est variable et diversifiée en fonction d'un éventuel
handicap.
- comportementale, qui correspond à
l'ensemble des manifestations verbales, ou non verbales, observables chez un
patient douloureux : plaintes, gémissement, position antalgique, enfant
trop calme. Elle assure une fonction de communication avec l'entourage.
C'est ce que le jeune enfant laisse voir en premier et qui est un des
éléments primordiaux tant pour le diagnostic que pour
l'évaluation.
Ces manifestations ne sont pas spécifiques de la douleur, ni
proportionnelles à son intensité : anxiété,
colère, protestations, tristesse, peuvent entraîner les
mêmes réactions.
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