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Accueil>Santé>L'enfant et la douleur  

L'ENFANT ET LA DOULEUR

Contraint à endurer la douleur, l'homme a cherché au cours des siècles à l'intégrer à sa compréhension du monde et à la combattre, parfois en la valorisant.
Suivant les époques, et les cultures, différentes significations lui ont été attribuées : épreuve nécessaire, mal précédent un plus grand bien, châtiment, fatalité ; celles-ci ont amené l'individu à modifier sa perception de cette épreuve en élevant ou abaissant ses capacités de résistance : courage moral, maîtrise de l'esprit sur le corps, ou processus conjoint. L'implication de la volonté ou de l'héroïsme semblant jouer un grand rôle sur les possibilités physiologiques de résistance.

Les religions et les philosophies se sont emparées de ce concept, complexifiant, chacune à sa manière, sa signification. Jusqu'à certaines approches psychologiques qui ont voulu prôner la suprématie du psychisme sur le corps en cherchant à donner du sens à la douleur physique.

L'homme en ce début de millénaire est l'héritier de tous ces courants de pensées.
Toute réflexion sur la douleur amène à réfléchir sur les rapports très étroits de l'esprit et du corps, et la compréhension de plus en plus fine du phénomène montre qu'il ne peut y avoir de dichotomie (séparation) entre le somatique (le corps) et le psychique, sauf éventuellement en ce qui concerne le mécanisme générateur du processus algique.

La prise en charge de la douleur s'inscrit dans un phénomène de société qui remet en question l'idée de douleur rédemptrice judéo-chrétienne, les effets du pouvoir médical et qui reconnaît le bébé, puis l'enfant, comme une personne à part entière.
La société moderne aspire à améliorer la qualité de vie tant sur le plan du bien être matériel que sur le plan de la santé. La prise en charge des phénomènes douloureux fait partie de cette démarche.

Tout ceci va dans le sens du progrès mais ne se fait pas sans un combat de tous les instants pour vaincre les résistances qui, paradoxalement, parfois persistent, tant au niveau des patients et de leur famille que du corps médical et/ou paramédical.
Ces résistances sont bien entendues liées à l'héritage du passé dont on ne se défait pas comme cela, même au niveau médical car les traités de médecine ont longtemps considéré la douleur comme un signal d'alarme ou encore un indicateur évolutif à respecter, au risque de passer à côté du diagnostic en le masquant par des médicaments. Tout juste s'intéressait-on au malade en phase terminale et lui accordait-on, dans les jours ou heures qui précédaient sa fin, quelques morphiniques (tout ceci dépendant fortement de l'implication du médecin ou de l'équipe médicale par rapport au patient et à sa souffrance).

La douleur a longtemps (et hélas parfois encore) été le juste prix à payer pour accéder au diagnostic ou à la guérison.

Un dossier rédigé par notre pédiatre conseil.

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