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Accueil>Interactif>Témoignages>Un accouchement pas banal !  

Un accouchement pas banal !
Par Isabelle, maman de deux enfants.

"Bonjour, j’ai 30 ans, je suis mariée et j’ai deux enfants : Paul 5 ans et Héloïse 6 mois.
Je suis en congé parental depuis la naissance de ma fille. J’ai ainsi un peu plus de temps pour m’occuper de toute ma petite famille, à la grande joie de tout le monde, mais aussi pour surfer, chose assez nouvelle pour moi. Tout comme vous raconter ici la naissance de mon second enfant qui ne fut pas triste...
Je voudrais aussi rassurer les futurs parents qui liront mon témoignage : cela n’arrive pas tout le temps. Vous avez le temps d’aller à la maternité et d’accoucher en toute confiance. Alors, profitez-en !"

Je suis tombée enceinte de mon deuxième enfant après deux ans de péripéties (GEU, opération de l'ovaire, fausse couche). Ma grossesse a été ponctuée de petits maux : vomissements, nausées, jambes lourdes, crampes nocturnes…

Mon terme était prévu le 11 mars. Début mars, mon gynécologue m'envoie à l'hôpital pour une surveillance de terme (j'avais le col ouvert depuis le 7ème mois, et un grand bébé de prévu).

Première visite le 7 mars donc avec monitoring, amnioscopie… Résultat : col ouvert de 1,5 cm, quelques contractions mais très légères.
Deuxième visite le jeudi 9 mars à 12h00 : j'avais commencé à perdre le bouchon muqueux le mercredi soir. La sage-femme a terminé de me le retirer ; j'avais quelques contractions légères. Tout allait bien. "Cela ne devrait plus tarder, me dit-elle, vous pouvez rester ici ou rentrer chez vous pour vous organiser". Je suis donc rentrée à la maison (je suis à ¼ d'heure en voiture de l'hôpital).

Là, cela se complique. Il était 13h30, je ne me sentais pas bien. Première contraction très douloureuse, puis une autre. J'ai appelé mon mari à 14h30 : "C'est l'heure" (mon mari a 1h00 de transport pour rentrer).
Lorsque j'ai raccroché, j'ai été prise de très fortes contractions, très rapprochées, j'avais la diarrhée, je perdais du sang, beaucoup de sang. J'étais complètement paniquée, tétanisée. Je n'arrivais plus à sortir de mes toilettes !!! Mon mari ne réussissant pas à me joindre, inquiet, a appelé ma mère qui était exceptionnellement chez elle. Lorsqu'elle est arrivée, je n'ai eu que la force de lui ouvrir et de retourner dans mes toilettes. Elle a appelé les pompiers, puis le SAMU, puis à nouveau les pompiers (il paraît que c'est la procédure).
Mon mari est arrivé 5 mn avant eux. Ils m'ont sorti des toilettes, m'ont assise sur le canapé et m'ont demandé de ne pas pousser (c'était gentil mais je sentais la tête !). On attendait le médecin du SAMU pour savoir s'ils pouvaient me déplacer. Lorsqu'elle est arrivée (car c'était une femme), elle m'a fait allonger sur mon tapis de salon, m'a auscultée, le pompier a alors demandé "on peut la déplacer ? - A non, elle accouche tout de suite (juste le temps de poser la perfusion), allez-y, madame, vous pouvez pousser".
J'avais tellement attendu qu'en deux poussées j'accouchais d'une belle petite fille : 54,5 cm et 4 kg 210, prénommée Héloïse.

Mon mari, qui voulait assister à l'accouchement, ne s'attendait pas à y participer autant ! Il n'a pas eu non plus le temps de stresser car les pompiers l'ont mis à contribution pour aller chercher serviettes, drap, sèche-cheveux, tenir la perfusion…

Héloïse dans sa couveuseL'image qui me restera sera : moi dans le matelas coquille sur le tapis de mon salon et ma petite fille enveloppée dans une couverture de survie se faisant réchauffer au sèche-cheveux par les pompiers gazouillants autour d'elle, pendant qu'on attendait la couveuse.

Je suis allée dans l'ambulance du SAMU, car le médecin voulait me surveiller, j'ai perdu un peu de mon placenta dans l'ambulance ; ils ont dû le récupérer dans un sac poubelle.
Le médecin m'a suivi jusque dans la salle d'accouchement. Avant de partir, j'ai remercié cette femme, dont je ne connais pas le nom et qui m'a aidé à mettre ma fille au monde, elle m'a répondu : "Non madame, c'est notre métier".
Mais ce n'est pas fini...

Là, on m'a fait une anesthésie générale pour une délivrance manuelle car je n'avais plus aucune force pour expulser le placenta. C'est la voix de mon mari qui m'a réveillée.

Alors, je voudrais adresser un grand merci à vous, pompiers et personnel du SAMU, pour votre gentillesse et votre efficacité.
Et merci simplement d'être là quand on a besoin de vous.

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