| Je suis tombée enceinte de mon deuxième
enfant après deux ans de péripéties (GEU, opération
de l'ovaire, fausse couche). Ma grossesse a été ponctuée
de petits maux : vomissements, nausées, jambes lourdes, crampes
nocturnes
Mon terme
était prévu le 11 mars. Début mars, mon gynécologue
m'envoie à l'hôpital pour une surveillance de terme (j'avais le
col ouvert depuis le 7ème mois, et un grand bébé de
prévu).
Première visite le 7 mars
donc avec monitoring, amnioscopie
Résultat : col ouvert de 1,5 cm,
quelques contractions mais très légères.
Deuxième visite le jeudi 9 mars à 12h00 : j'avais commencé
à perdre le bouchon muqueux le mercredi soir. La sage-femme a
terminé de me le retirer ; j'avais quelques contractions
légères. Tout allait bien. "Cela ne devrait plus tarder, me
dit-elle, vous pouvez rester ici ou rentrer chez vous pour vous
organiser". Je suis donc rentrée à la maison (je suis
à ¼ d'heure en voiture de l'hôpital).
Là, cela se complique. Il
était 13h30, je ne me sentais pas bien. Première contraction
très douloureuse, puis une autre. J'ai appelé mon mari à
14h30 : "C'est l'heure" (mon mari a 1h00 de transport pour
rentrer).
Lorsque j'ai raccroché, j'ai été prise de très
fortes contractions, très rapprochées, j'avais la
diarrhée, je perdais du sang, beaucoup de sang. J'étais
complètement paniquée, tétanisée. Je n'arrivais
plus à sortir de mes toilettes !!! Mon mari ne réussissant pas
à me joindre, inquiet, a appelé ma mère qui était
exceptionnellement chez elle. Lorsqu'elle est arrivée, je n'ai eu que la
force de lui ouvrir et de retourner dans mes toilettes. Elle a appelé
les pompiers, puis le SAMU, puis à nouveau les pompiers (il paraît
que c'est la procédure).
Mon mari est arrivé 5 mn avant eux. Ils m'ont sorti des toilettes, m'ont
assise sur le canapé et m'ont demandé de ne pas pousser
(c'était gentil mais je sentais la tête !). On attendait le
médecin du SAMU pour savoir s'ils pouvaient me déplacer.
Lorsqu'elle est arrivée (car c'était une femme), elle m'a fait
allonger sur mon tapis de salon, m'a auscultée, le pompier a alors
demandé "on peut la déplacer ? - A non, elle accouche tout
de suite (juste le temps de poser la perfusion), allez-y, madame, vous pouvez
pousser".
J'avais tellement attendu qu'en deux poussées j'accouchais d'une belle
petite fille : 54,5 cm et 4 kg 210, prénommée
Héloïse.
Mon mari, qui voulait assister
à l'accouchement, ne s'attendait pas à y participer autant ! Il
n'a pas eu non plus le temps de stresser car les pompiers l'ont mis à
contribution pour aller chercher serviettes, drap, sèche-cheveux, tenir
la perfusion
L'image qui me restera sera : moi dans le matelas
coquille sur le tapis de mon salon et ma petite fille enveloppée dans
une couverture de survie se faisant réchauffer au sèche-cheveux
par les pompiers gazouillants autour d'elle, pendant qu'on attendait la
couveuse.
Je suis allée dans l'ambulance du
SAMU, car le médecin voulait me surveiller, j'ai perdu un peu de mon
placenta dans l'ambulance ; ils ont dû le récupérer dans un
sac poubelle.
Le médecin m'a suivi jusque dans la salle d'accouchement. Avant de
partir, j'ai remercié cette femme, dont je ne connais pas le nom et qui
m'a aidé à mettre ma fille au monde, elle m'a répondu :
"Non madame, c'est notre métier".
Mais ce n'est pas fini...
Là, on m'a fait une
anesthésie générale pour une délivrance manuelle
car je n'avais plus aucune force pour expulser le placenta. C'est la voix de
mon mari qui m'a réveillée.
Alors, je voudrais adresser un
grand merci à vous, pompiers et personnel du SAMU, pour votre
gentillesse et votre efficacité.
Et merci simplement d'être là quand on a besoin de vous.
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